Le Maraîchage sur Sol Vivant

Après avoir récupéré ces prairies, en février 2021, nous avons occulté à l’aide de bâches d’ensilage l’herbe, en l’absence de photosynthèse, au bout de quelques mois, nous commencions à débâcher progressivement pour préparer les planches de cultures avec la fourche-bêche, du foin et de la paille de deuxième choix amenés par un agriculteur voisin.

Vue d’ensemble de la ferme d’Adeline et Benjamin en avril 2021

UNE INSTALLATION MSV, EST-CE FACILE ?
Les techniques MSV se caractérisent par une simplicité
due au fait de permettre à la terre de jouer son rôle
moteur, là où le maraîcher voudrait s’y substituer en lui
imposant sa propre vision de la production végétale.
Cette simplicité se retrouve dès l’installation. Les
questions principales sont celles de la gestion de l’enherbement et de la matière organique.
Point fondamental : quelles vont être mes sources
d’approvisionnement en matière organique, sachant
qu’une diversification dans ce domaine n’est jamais
inutile ? Paille, fumier de cheval, foin, BRF, matières
plutôt azotées (tonte de gazon), compost, paille de lin,
bref, il sera utile de faire le tour des différentes possibilités et opportunités dans son secteur géographique
an de pouvoir construire des itinéraires techniques
tout en minimisant le coût. En dernier ressort – j’habite un no man’s land – aucune importation n’étant
possible, je devrai me résoudre à cultiver des engrais
verts – technique ancestrale, efficace, mais plus fastidieuse et qui reconstruit lentement un sol si celui-ci
est, à la base, dégradé (+0,1% de MO/saison).
Une analyse de sol est toujours utile an de connaître
son taux de matière organique de départ. L’observation de sol via sa couleur, la hauteur de végétation (si
prairie), les zones d’humidité éventuelle, l’ensoleillement du terrain sont aussi des éléments à prendre en
compte pour évaluer le potentiel de fertilité et ainsi
définir la stratégie à suivre quant au rythme et à la
densité d’alimentation du sol en matière organique.

Source : association MSV

Sur la ferme, par la présence des deux chevaux et de l’ânesse, nous pouvons récupérer du crottin et le composter.
La litière des quelques volailles peut aussi compléter la matière organique d’origine animale.
Pour la MO d’origine végétale, nous essayons d’en trouver localement avant de pouvoir la produire sur place.

Sur le plan agronomique, le fait de ne pas perturber le sol par une action mécanique trop fréquente et en bannissant les outils rotatifs permet de préserver la structure du sol et la vie s’y trouvant comme pour notre ami et incontournable lombricien !

Les analyses de sol tous les quatre ans nous permettront de suivre l’évolution concrète de nos pratiques

Novembre 2020
(Avant installation)

CEC
9,8 meq%
Taux de saturation 118,8%
pH
5,6
MO
3,1%
Azote
2 p.mille
Potassium
63 p.p.mille
Magnésium
274 p.p.m
Phosphore (dyer)
169 p.p.m

Novembre 2024
(A venir)

CEC

Taux de saturation

pH

MO

Azote

Potassium

Magnésium

Phosphore (dyer)


Novembre 2028
(A venir)

CEC

Taux de saturation

pH

MO

Azote

Potassium

Magnésium

Phosphore (dyer)

Notre objectif au fil du temps est de maintenir l’équilibre des éléments dans le sol en augmentant le taux de matière organique tout en évitant l’engorgement et veillant à ne pas apporter d’autres sources de magnésium déjà abondant dans le milieu.
L’apport d’un calcaire grossier (pour une diffusion lente) et sans magnésium d’une carrière de la Vienne nous permettra également de soutenir le pH et le complexe argilo-humique pour un bon équilibre du sol.
Pour l’azote nous envisageons des apports ponctuels de broyats de corne (diffusion lente) seulement si nous observons un besoin qui irait en ce sens.
Pour le reste, les apports raisonnés de compost et de fumier bien décomposés viendront en soutien nutritif du sol qui s’en nourrira (la micro faune et micro flore de ce dernier) avant de les restituer sous la forme la plus assimilable possible aux plantes cultivées tout en donnant la matière et l’énergie au vivant qui permet de structurer le sol.